Thursday, May 19, 2016

Ti koze m ak drapo m




Ti koze m ak Drapo m…

 Yo di m lè w te fèk fèt
Ou te gen twa moso
Men  anvan w bat je w
Ou te deja pèdi moso

Yo di m  gen yon lè
Yon zèl ou te nwa
Men gen yonn tou
Ki pa janm chanje 
Se dwe paske li make san ?

 Yo di m te gen yon lè
Ou te pòtre de zanmi
Ki   te kanpe  kòt a kòt
Men vin rive yon lè
Yo kouche len sou lòt
Ki lè nou gade lòt nan je menm ?
 Lè nou len sou lòt
Oswa lè n kòt a kòt?
Oswa se lè sa make san?

Kantite moso
Koulè ak pozisyon
Toujou twòp pou mwen
Sa m renmen se lè w anlè a
Van vire w bò isit, bò lòt bò
Ou pa fè rebèl, ou danse
Oswa ou poze san pwoblèm

 Sa m pa konprann
Se jan yo fè w fè chimen yo
Yo voye w monte kon avyon
Epi lè pou w desann
Se tankou yon kabwèt
Se dwe paske desann nan make san?

 Kèk  ti kesyon m vle poze w depi lontan
Ki jan ou santi w jou fèt ou?
Ou resevwa kado ?
Diskou  granmoun
Ak  kadans ti moun lekòl
Kilès ou pi pito ?
Ochan pou sa n pa wè
Ak sèman pou n al pi lwen pase yo
Kilès ou pi pito?

 Ou wè sa n pa wè yo lè w anlè a ?
Yo mare  fache ak nou wi, pa vre?
Anhan ! Se sak fè lè yap desann ou
Se tou dousman yo blije fèl....
Ou toujou twò chaje ak pinga!
Se domaj ou bèbè !

 Fè jès pou ou di nou
Sa ou renmen non…
Na tanmen ba w
Kado ki fè w plezi .
Pale ak nèg ak nègès yo anlè a
Di yo nou pa konn sa nap fè
Menm lè jwèt la make san.

 Lunise Jules, May 17,2016

Rue de La Montagne

Friday, January 9, 2015

Chak fwa ou vini


Chak fwa ou vini
La vi vin tou nèf
Tout bon, ou se yon mistè!

Chak fwa m tande vwa w
Yon ti flè pouse
Chak fwa je n kwaze
Yon zwezo' vole
Chak fwa'w pwoche pre'm
La pli farinen

Chak fwa ou Vini,
Ou fè'm anvi jwe

Tout bon, ou se yon Mirak !

Lunise Jules

06.05.2013

Sunday, September 14, 2014

Nos Fleurs à nous......

Nos fleurs à nous..............
Assis à ma table, je regarde sans voir; déterminé à jouir pleinement de ma dernière soirée en Haïti je cherche surtout à me concentrer sur chaque élément porteur de joie . Pour l'instant, je n'entends offrir aucune concurrence à ma bière "prestige" que je délecte sans mesure, faisant claquer bruyamment ma langue, oubliant complètement l'élégante compagnie de toutes ces dames autour de moi . De toute façon je ne les connais pas . Ma bouteille complètement vidée, je cherche à repérer un serveur pour une nouvelle commande quand cette chanson de Koupe Klouwe s'impose à moi et avec elle cette irrésistible envie de danser. Je me tourne et offre ma main à cette dame qui me parait aussi troublée par la chanson que moi. Je lui prends la main et ensemble nous nous laissons guider par le Roi à la fois riant et chantant. Un simple geste de ma compagne me ramène soudain à plusieurs années en arrière et me porte à me rendre compte que je tiens dans mes bras la pire des pestes de ma promotion au lycée. Dieu ce qu'elle était jolie, espiègle, intentionnellement inaccessible et brillante de surcroit! Complètement ignorante de l'effet de son sourire, elle nous arrachait le cœur à nous les garçons de sa classe à force d'ignorer toutes nos prétentions ou velléités de prétention. Pour ne pas troubler mon plaisir je l'attire à moi et la serre d'un peu plus près m'enivrant de l'odeur de ses cheveux. Je ne peux croire que ce petit corps a porté des enfants.... C'est alors que la magie disparait avec l'arrêt brutal de la musique. Les jeunes abrutis ignorants et inconscients du désastre qu'ils vont provoquer décident d'offrir au public un des succès d'un groupe musical à la mode. Je vois mon amie porter la main à ses yeux et perdre de son assurance. Elle me piétine. Contrarié, je la ramène à sa table. Je la regarde et lui fais un sourire... c'est alors qu'elle se rend compte, qu'après trente ans, elle vient de m'accorder cette danse inespérée qu'inconsciemment j'attendais encore, autour de l'une des chansons préférées de toute la promotion:
La pli tonbe souvan,

Soley klere toulejou

Mwen leve maten an

mwen jwenn jaden kèm fleri....
En effet, depuis lors nous cueillons des fleurs sur notre parcours, certaines toutes fraiches, certaines fanées avant même de tomber mais des fleurs quand même, nos fleurs à nous.
LJC,Petionville Haiti

Sept.2014

Wednesday, August 20, 2014

Le Bariton des Montagnes


Sur la route nationale #1,  à la sortie de la ville des Gonaïves, une foule imposante  offre un spectacle culturel sans pareil à la veille de la fête des Pâques. Ayant été longtemps privée du plaisir d'entendre, ne serait-ce que de loin, les échos des réjouissances auxquelles se livre le peuple de mon pays au cours de toute la semaine dite sainte, je ne me sens nullement dérangée par ce qui s'annonce: Un groupe d'hommes et de femmes,  bouillant d'énergie, portant la gamme de toutes les couleurs les plus éclatantes, dansent et chantent accompagné d'une musique forte, dominée par le tambour et des instruments à vent .
Le jeu de couleur m'envahit. Je ferme les yeux et je le revois vivant. Cela m'amuse. Je ferme, rouvre et referme. J'invite les enfants à faire de même mais ce n'est pas ce qui les intéresse. Les instruments fascinent Tina et Taly.  Tu ne nous as jamais dit que les musiciens des" bandes de raras" inventent leur propres instruments, s'exclame Taly;  Wow! Marijo aurait du être avec nous pour voir ca!  Regarde ces " sortes de trompettes"!  Et ce gros instrument qui produit ce son grave on l'appelle comment Manmy? Moi aussi je suis  fascinée de revoir et d'entendre le bambou.  Cet instrument a toujours eu le pouvoir de me donner l'envie de danser. J'aime  le son grave et le rythme inhérent à ce son; J'adore  la façon inexplicable qu'ont les instrumentistes de scander ces notes qui pour moi viennent d'abord du fond de leur gorge.  Sans attendre ma réponse, Taly change d'intérêt : regarde cette file de femmes qui   soulèvent leur jupe pour montrer leur culotte de satin! Ce qu'elles font c'est ce que tu appelles "roulade" Manmy? Non Tina, cela s'appelle "grouyad". Regarde bien comment elles s'y prennent. C'est comme quand tu fais le houlahoup, dit Mélodie. Non chérie c'est plus profond et plus sérieux dis-je .  La musique prend un autre niveau avec un nouveau roulement  de tambour impressionnant  suivi d'une voix forte chantant : BANDA E..E... BANDA ALE LAKAYE .  Toute la bande poursuit en choeur: VOYE RELE BANDA..POU MWEN..BANDA ALE LAKAYE. Mon fils jusque là silencieux demande qu'on arrête la voiture. Son père refuse mais comme pour répondre au désir de l'enfant la bande  nous encercle  obligeant le chauffeur à s'arrêter. Un groupe de dames portant  de beaux et larges chapeaux pareils à ceux que l'on voit dans les grands magasins de Brooklyn ainsi que  des culottes rouges  de la même marque entreprend d'exécuter un show de déhanchements dédié au chauffeur .   Mon invitation à analyser les profits que doivent avoir faits celui ou celle qui a obtenu le contrat de confection de toutes ces culottes et de ces chapeaux ne semble intéresser personne.  De toute façon, ma voix n'a aucune chance de surpasser la musique. Dans la voiture on est silencieux, admiratif!
Le drapeau flotte. L'odeur du clairin monte et fait la compétition à celle forte et âpre de la sueur collective de cette bande en transe.  De ce mélange de couleurs, de grondement de tambour et de roulement de hanches de femmes fessues se détache la voix du bariton des montagnes qui, les yeux fermés, les bras ouverts, continue de  réclamer à tue tête qu'on lui ramène Banda de l'Arcahaie.  Et mon fils de me dire en me tirant tendrement à l'arrière par les cheveux : Manmy, tu ne nous avais pas dit que c'était aussi beau en Haïti!

ljc, Petionville, Haiti.

source

UN MOMENT SPECIAL.....



La salle est comble; le maître de cérémonie m'annonce; je tremble de tous mes membres. Au bord des larmes j'entre en scène sous les applaudissements du public. Je cherche du regard un visage familier et repère ceux de mes enfants tous assis en première loge. Nathalie me sourit et je lui rends son sourire. Je prends ma guitar, la caresse doucement juste pour etablir le contact et sentir sa chaleur puis je me lance dans une interprêtation de la chanson d'Anne Murray:
"When you are down and troubled
And you need some love and care
And nothing, nothing is going right
Close your eyes and think of me
Soon I will be there
To brighten up even your darkest night"

Je joue avec aisance oubliant complètement ma difficulté à bien executer les accords barrés. Entre ma guitar et moi la symbiose est parfaite, ma voix s'élève, claire, tendre et nette, sans lutte, mon diaphragme completement coopératif. A la fin du morceau, le public chante avec moi les dernieres notes " You have a friend ". je suis tout à fait pleine de confiance en moi-même et sans attendre le maitre de cérémonie j'annonce moi meme la prochaine chanson : Viejo de Jean Claude Martino interpreté par Emmeline Michel aussi. L'accompagnement est compliqué mais mes mains impatientes entament bien vite en la mineur. Je ne suis plus moi-meme , je m'entends chanter , je me vois jouer. Mon auriculaire habituellement rebelle lors de ce passage special en solo accentuant le message du viejo sur le montant de l'argent qu'il veut envoyer à sa femme " Se yon diez pesos", cet auriculaire s'exécute avec grâce et dextérité. A la dernière partie du morceau , je crois entendre mon professeur de musique me dire Lunise l'index et l'auriculaire vont sauter tour a tour et ta voix va entrainer ton public qui est deja avec toi. J'aborde ce passage dangereux avec fermeté; je vois mon public se lever et je l'entends d'une seule voix cadencer le plaidoyer de la femme du viejo:

" Kouzen wa pot manchet pou koupe bayawonn woy".
"Kouzen wa pot manchè pou koupe move zèb woy"
Wa pote manchet, wa pote manchet....Woy kouzen....

Je ne suis plus une chanteuse, je suis une guitariste, heureuse de reprendre son rêve. Le public applaudit sans arrêt et commande une autre chanson. Sans trop fouiller dans ma mémoire, une qui a le don de toujours m'arracher une larme s'impose à moi: Souvent, Longtemps, Enormément de Diane Tell; cette chanson sort de mes tripes et mes doigts obéissent à une commande. C'est fou de chanter avec toute cette belle assistance le refrain de la chanson sans cette fois-ci aucune note de tristesse:

" Moi j'ai aimé plus souvent,
Aimé longtemps puis énormément
Mais je les ai tous perdus
Car comment aimer je n'ai jamais su." 
En guise d'applaudissement, j'entends soudain une publicité de Tonton Bicha... ....J'ouvre les yeux et me retrouve au beau milieu de mon lit.  

Nullement déçue j'entame ma journee, en chantant, convaincue que mon histoire d'amour avec la musique ne fait que commencer.


Lunise Jules

A Ton Réveil


Des soleils et des lunes
Se sont levés
Puis assoupis
Désespérés de ne pouvoir
Ebranler ton ciel endormi 

Des éclats de rire et des sanglots
Se sont heurtés
Sans merci
Puis se sont courbés
Pour saluer ton rempart

Les pas de la cohue
Ont refroidi
Ta plage déserte
Les vagues tricheuses
Ont emporté tes larmes

Mais l’ombre de ton réveil
Fragilise déjà 
L’agitation et le tumulte
Jusqu’ici vainqueurs
De ta raison et de ta foi
  
Tout au fond de toi
L’aube s’impatiente
De s’unir au midi
Sans souci du marasme fatigué
D’avoir trop longtemps régné

A l’honneur de ton renouveau
La brise  te promet 
Une chanson nouvelle
Et la terre

La douceur de ton cœur d’enfant.

-Lunise 

Je ne veux plus dormir à la belle étoile

source
Je ne veux plus dormir à la belle étoile
La nuit trop intelligente risque de comprendre
La lune trop attachante risque de voir mon âme
Je ne veux plus dormir à la belle étoile
L’amitié du crépuscule me ravit mon refuge
L’obscurité apprivoisant mes sens défie mon intimité
Je ne veux plus dormir à la belle étoile
Le sourire de la nuit perd tout son sens
Quand mon regard fend l’obscurité et croise le sien
Je ne veux plus dormir à la belle étoile.
La complicité des ténèbres met en fuite mon rêve
Elle le rend jaloux et paralyse mes étoiles
Je ne veux plus dormir à la belle étoile
Jouir sans partage de cette fulgurante beauté
Alourdit les pas de ma nuit et coupe ses ailes au temps

- Lunise